Nouvelle augmentation de taxe : ça chauffe à l'agglo bergeracoise


28 avril 2021 - 1476 vues

Le nouveau plan de transport était présenté aux élus de la communauté d’agglomération bergeracoise.

Présentation du nouveau projet et surtout de l’augmentation de la taxe qui va avec. Le versement mobilité payé par les entreprises d’au moins 11 salariés et que l’agglo souhaiterait passer de 0,3 à 0,45 au 1er juillet 2021 puis à 0,6, six mois plus tard.

Derrière cette augmentation, le projet donc de revoir complètement les transports publics sur le bergeracois. Dans cette idée, exit les lignes de bus B et C qui vont de la gare de Bergerac vers la Brunetière pour l’une et le Tounet pour l’autre. A la place, la CAB veut créer, l’an prochain, deux boucles d’activité sur l’Est et sur le Sud de Bergerac. Des navettes en fait, avec un cadencement de 20 à 35 minutes. Et pour justifier sa proposition l’agglo s’appuie sur les mauvais chiffres de fréquentation des deux lignes B et C. Sur 50.000 voyages réalisés en 2019, 45.000 concernaient uniquement la ligne A.

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Ce nouveau projet verrait également la suppression du Transport à la demande, pas assez utilisé. En revanche la navette estivale cœur de ville va faire son retour au 1er juin et même s'étendre avec deux parkings relais à l’Est et à l’Ouest, et un cadencement de moins de 15 minutes. Trois boucles donc qui seraient de plus accessibles gratuitement.

Un nouveau plan qui serait complété par un plan vélo avec de la location de cycles électriques, des garages à vélo, etc. Les réflexions sont en cours. Dépenses annoncées pour la CAB : 942.000 euros en 2021, plus d’1 million 5 l’an prochain. C’est pourquoi le bureau compte sur cette taxe, ce versement mobilité. Qui sera donc doublé en 2022.

De quoi faire bondir, lundi soir, les élus par ailleurs chefs d’entreprises

Et ce même si le MEDEF et la CPME ont finalement avalé la pilule, ça n’a pas été le cas des élus entrepreneurs. Allant même jusqu’à créer une scission ne serait-ce qu’au sein de la majorité de la ville de Bergerac. Parmi les élus qui ont voté contre : Marie-Hélène Scotti, Mickaël Destombes, Jean-Pierre Cazes, pourtant vice-président de l’agglo ou encore Josie Bayle qui ne s’est pas montrée très tendre avec le rapporteur du dossier. Thierry Auroy-Peytou qui, quelques minutes plus tôt, avait signifié aux réfractaires qu’ils étaient, dans cette assemblée, des élus du peuple avant d’être des chefs d’entreprises. 

"Nous sommes peut-être des élus du peuple mais nous ne sommes pas des moutons de Panurge ! Vous nous culpabilisez parce qu'on ne va pas voter comme vous ? Alors moi je vais vous dire une chose, je suis totalement d'accord pour renforcer la mobilité. En revanche, je suis contre la taxe que vous allez encore mettre aux entreprises qui sont déjà en souffrance. C'est une charge supplémentaire pour elles. Vous ne vous en rendez pas compte parce que vous êtes presque tous fonctionnaires dans cette salle. Vous ne connaissez pas la vie des entreprises, ça devient de plus en plus difficile et surtout en ce moment", Josie Bayle, conseillère communautaire et adjointe à la ville de Bergerac.

Et Josie Bayle d’ajouter que les salariés des entreprises n’utiliseront pas ces nouvelles boucles. Point soulevé plus tôt également par Jean-Pierre Cazes qui avait questionné : "Comment peut-on encore de nos jours taxer les salaires ?" Des membres du bureau et de la majorité bergeracoise qui n’ont donc pas suivi leurs chefs de file lundi soir. Ces derniers qui ont finalement été presque plus aidés par leurs opposants habituels, Hélène Lehmann défendant un projet pragmatique, intéressant même si des ajustements restent à prévoir vers la Brunetière ou le Tounet notamment, Adib Benfeddoul saluant un projet ambitieux pour le développement du territoire même s’il fait mal au portefeuille.

Au final l’augmentation du versement mobilité a été validé par 62 élus, 9 ont voté contre, un seul, Paul Fauvel, s’est abstenu.