Le Bergeracois choisit un député Rassemblement National


20 juin 2022 - 718 vues

Pour la première fois de son histoire, la 2e circonscription de Dordogne, élit un député Rassemblement National.

Serge Muller qui l'a emporté hier soir avec 330 voix d'avance seulement sur le député sortant LREM Michel Delpon. 50,44% des suffrages exprimés sur la circonscription pour Serge Muller : 

"C'est historique, une terre de gauche qui bascule Rassemblement National. Je remercie tous les électeurs qui ont osé mettre ce bulletin Rassemblement National. Je ne défaillirai pas et je me montrerai digne de la tâche. Ce front républicain, ce plafond de verre est parti en éclat et j'espère que ça continuera." Serge Muller

Serge Muller qui va mettre en place rapidement, dit-il, sa permanence itinérante. Le député élu qui a mobilisé 18.891 électeurs, soit plus de 8.000 de plus qu'au premier tour sur la base d'un taux de participation de 50,58%. C'est plus qu'il y a 5 ans, mais moins que la semaine dernière.

À noter qu'à Bergerac, c'est Michel Delpon qui est arrivé en tête avec 55,34% des voix. Michel Delpon pour qui la défaite était naturellement amère. Le député sortant, qui a rapidement quitté sa permanence, hier soir.

"Je pensais gagner. Le report ne s'est pas bien fait. Il n'y a plus de front républicain, il faut se rendre à l'évidence. Je suis triste pour notre territoire qui passe à l'extrême droite. Au pays de Montaigne, je trouve ça un peu surprenant. Moi j'ai fait un mandat qui a bien fonctionné à différents niveaux, j'ai apporté des innovations qui d'ailleurs marqueront l'histoire de l'Assemblée et j'espère l'histoire de France en matière d'énergie parce que l'hydrogène sera un sujet des jours à venir, mais c'est ainsi, les gens n'ont pas compris. Maintenant qu'ils se débrouillent." Michel Delpon

Michel Delpon qui compte former des jeunes pour la succession du mouvement et continuer à travailler sur l'hydrogène à travers le club qu'il a créé. Le député sortant qui n'a pas été épargné, hier, par ses anciens adversaires et autres responsables politiques locaux et parmi eux Aurélien Delfour, il était le candidat de la droite et du centre au premier tour :

"Deux responsables : nationalement, c'est Emmanuel Macron. Quand on maltraite les Français à longueur de temps, quand on méprise les Français des classes populaires, il ne faut pas s'étonner de ce résultat. Localement, ça ne serait pas arrivé avec un député qui aurait incarné le territoire et fait son travail." Aurélien Delfour

Aurélien Delfour qui pointe également l'abstention. En réalité, je vous le disais, moins importante qu'il y a 5 ans. En revanche, la 2e circonscription est aussi celle qui compte le plus grand pourcentage de votes blancs et nuls, (respectivement 8,21% et 3,94%), souvent synonyme de rejet. Le rejet, le mot de la soirée pour l'écologiste Lionel Frel :

"C'est une élection qui s'est faite sur le rejet. Malheureusement, le rejet de la politique Macron a été plus fort que le rejet de la politique du Rassemblement National." Lionel Frel

Le rejet des sortants, c'est ce qui résume, globalement, le vote des Périgourdins puisque sur les autres circonscriptions, seul Jean-Pierre Cubertafon (MoDem), sur la 3e, sauve son siège. Il est arrivé en tête de la triangulaire qui l'opposait à la Nupes et au rassemblement national avec 36,52% des suffrages exprimés.

Sur la 1ère et la 4e circonscription, exit Philippe Chassaing et Jacqueline Dubois. Sur la première, c'est Pascale Martin, la candidate de la Nupes qui l'a emporté avec 51,85% des suffrages. Sébastien Peytavie, pour la Nupes toujours, est élu sur le sarladais avec 55,52% des suffrages.

À noter que c'est sur la 3e circonscription que la participation a été la plus forte, plus de 60%.

Photo issue de la page facebook du nouveau député