Jacques Chouly : "j'existais avant l'accident, j'existe encore, autrement"


06 août 2021 - 829 vues

Une séance de dédicaces demain matin à la librairie Montaigne, à Bergerac.

Dédicace de Jacques Chouly qui a sorti en avril dernier « Dégâts du bas, Débats du haut, 50 ans de représentations ». Un livre dans lequel l’ancien élu de Creysse et ancien journaliste de l’Echo Dordogne, aujourd’hui âgé de 70 ans, retrace sa vie d’avant et d’après l’accident qui l’a privé de l’usage de ses jambes. Un ouvrage auto-édité et imprimé 250 exemplaires où l’on découvre une vie marquée de luttes. La lutte des classes d’abord, dont il prend conscience très jeune, lui, le fils d’ouvrier, qui a grandi dans les quartiers dédiés à Creysse. Biberonné au journal Vaillant, élevé par des parents engagés et à qui l’école de la République ne réservait par un traitement égal à celui des copains aux pantalons longs.

Puis vient la lutte pour la survie, après l’accident. Quand un vendredi de 1971, à 20 ans, Jacques Chouly a basculé par dessus sa mobylette allant s’écraser sur une buse en ciment. S’en suivent 9 mois d’hôpital, la rééducation, l’envie d’en finir parfois, avant de reprendre le taureau par les cornes et de lutter pour la vie, la sienne, celle de son fils. Et ça passera notamment par le sport pour cet ancien rugbyman.

« Cette façon de dire, voilà, il faut s’en sortir, elle est venue tout naturellement parce que c’était la vie qui commandait et donc le sport, avec l’activité sociale et politique, le militantisme, m’a permis de bouger, de retrouver la société, d’y être un acteur. » Jacques Chouly

Sur son fauteuil Jacques Chouly commencera par le basket avant de parcourir à de multiples reprises les 100km de Belvès, viendra même ensuite une médaille en championnat de France d’athlétisme. Un parcours qui n’a pas été des plus simple non plus, tant l’handisport n’était pas reconnu mais nécessitait déjà de lourds investissements matériels.

Et puis lutte enfin en politique et avec sa plume, en participant à un journal d’opinion, l’Echo Dordogne pendant de nombreuses années. Ce qui permettra encore à Jacques Chouly d’aller vers l’autre. Son leitmotiv depuis son accident.

« Il faut aller vers les autres pour, d’une part, montrer qu’on existe, mais pas seulement par orgueil, mais aussi pour dire « je suis là les mecs, j’existais avant, j’existe encore, autrement mais j’existe encore. Je ne me suis pas construit un personnage, mais pour aller vers les autres, il faut essayer d’attraper ce qui peut les séduire parce que les gens ont souvent peur d’aborder quelqu’un d’handicapé ou le handicap. »

Jacques Chouly qui à travers son livre justement tente de rétablir certaines vérités par rapport au handicap et questionne sur les injustices qui existent toujours.

Un ouvrage et son auteur à découvrir donc demain matin à la librairie Montaigne à Bergerac de 10h à 13h.