Des sanctions plus strictes pour les chasseurs qui ne respecteraient pas les règles


09 août 2021 - 587 vues

À quelques jours de l’ouverture de la chasse aux sangliers, c’est dimanche, les parquets de Bergerac et Périgueux ont annoncé, de concert, durcir les sanctions contre les chasseurs qui ne respecteraient pas les règles de sécurité. Il faut dire que la saison dernière, 141 personnes ont été victimes d’accidents de chasse en France. 11 ont perdu la vie. En Dordogne, pas de tel drame depuis la saison 2016 – 2017, mais une dizaine d’incidents à déplorer l’an dernier : des chiens et bovin tués et des balles qui ont atteint des bâtiments. Et puis il y a eu cet accident en janvier dernier quand, dans une voiture, le coup est parti. L’arme était rangée mais n’avait pas été déchargée ce qui est totalement contraire aux règles de sécurité qui veulent que durant son transport, le fusil doit être déchargé, démonté et sous étui. Désormais, l’infraction à ces règles sera donc durement sanctionnée, ont annoncé les parquets Périgourdins.

« Il y aura systématiquement saisie de l’arme, une suspension du permis de chasse pendant la saison de chasse, un stage de sensibilisation, voire une amende qui sera proposée dans le cadre d’une composition pénale. Lorsque cette mesure sera exécutée, le chasseur pourra récupérer son arme de chasse. » Odile de Fritsch, procureur de Bergerac

Stage de sensibilisation systématique également désormais pour les petites infractions concernant par exemple le marquage de l’animal.

Et puis notez aussi la nouvelle disposition qui prévoit la rétention administrative du permis de chasse par l’office français de la biodiversité en réponse immédiate à un accident corporel ou une mise en danger. Suspension jusqu’à 6 mois, pendant le temps de l’enquête. « Pour les familles des victimes, c’était difficile de constater que la personne pouvait continuer à chasser », précise la procureure.

Des mesures graduées et essentielles pour Emilie Dubois, la cheffe du service départemental de l’office français de la biodiversité. Car si les accidents tendent à diminuer au fil des années, le respect des règles de sécurité n’est toujours pas automatique. Il faut dire qu’avant 1976 il n’y avait pas de formation pour obtenir le permis de chasse.

« La population de chasseurs est quand même vieillissante, même si chaque année il y a de nouveaux adhérents. Donc potentiellement on est sur des personnes qui n’ont pas été correctement formées initialement et c’est pour ça qu’une loi récente introduit l’obligation d’un recyclage, tous les 10 ans, afin de pouvoir former cette population de chasseurs qui n’a pas reçu de formation théorique et pratique à l’époque. » Emilie Dubois, cheffe du service départemental de l’office français de la biodiversité.

Sachez La Dordogne compte 17.000 chasseurs, un nombre en baisse alors que la population de sangliers, elle ne cesse de croître. 13.000 tués il y a 5 ans, 18.000 la saison dernière, 20 à 26.000 attendus cette année. Une surpopulation qui peut s’expliquer par les nombreuses forêts privées pas toujours entretenues, que compte la Dordogne. Il y a également pu y avoir des croisements avec des cochons plus fertiles et donc une reproduction qu’on ne maîtrise pas, explique-t-on également du côté de l’office français de la biodiversité. Les sangliers qui, vous le savez, sont responsables de nombreux dégâts chaque année dans les cultures notamment.