A Bergerac, le pari d'une résidence sociale intergénérationnelle


02 septembre 2021 - 1152 vues

Alors que le besoin de se retrouver, de partager, parait plus important que jamais, la résidence le Vill@ge de Périgord Habitat, semble tomber à point nommer. C’est la première résidence intergénérationnelle de l’office public en Dordogne. Et elle a vu le jour à Bergerac.

Installée juste derrière le Petit Clairat, sur la rive gauche, elle se veut un nouveau quartier résidentiel porteur des valeurs de solidarité et d’échange. Sa place centrale et ses futurs jardins partagés en témoignent. C’est là que devrait s’organiser la vie entre des seniors encore autonomes, une vingtaine, et une demi douzaine de jeunes.

Les clés des 26 logements, du studio au T3, ont été remises cette semaine. Des logements accessibles aux personnes à mobilité réduite ou facilement adaptables et qui accueilleront aussi plusieurs bénéficiaires des Papillons Blancs.

Et vous l’avez compris, l’idée de cette résidence, c’est qu’il y ait un échange entre les locataires de différentes générations. Alors les nouveaux jeunes locataires n’ont pas été choisis totalement au hasard.

« Il faut une fibre particulière, c’est pour ça qu’on a aussi testé les jeunes avant, leur demandant si en intégrant cette résidence, ils étaient prêts à jouer cette solidarité, ce service, puisqu’on va avoir des jardins partagés, des animations donc tout ça est à construire. C’est un état d’esprit quand même. Donc on espère que ça marchera. On a la chance d’avoir notre agence juste à côté avec nos agents qui vont aussi suivre tout ça. Les Papillons Blancs ont un poste d’animatrice qui va venir faire des activités. Donc on va laisser la résidence prendre son osmose et puis on verra ce que ça donne. » Severine Genneret, directrice générale de Périgord Habitat.

Un concept qui semble séduire les nouveaux locataires et leurs familles. Mardi, Fatima Tarbouch est venue installée sa maman, Fatna Lakouit, dans son nouvel espace de vie. Fatna qui à 78 ans, n’a pas quitté la Rive Gauche depuis 1979. Elle a connu les barres de Naillac, le nouveau Naillac et puis Lopofa, ces dernières années. Un appartement dans les étages, plus du tout adapté aux difficultés liées à son âge. « Lopofa devient invivable pour les personnes âgées », confie Fatima pour qui ce déménagement au Vill@ge est donc un soulagement, parce que la famille, les commerces, sont à proximité, mais aussi pour la solidarité promise au sein de la résidence.

« Je trouve que c’est bien parce que les personnes âgées peuvent donner des idées aux jeunes, leur apprendre des choses et les jeunes peuvent aider les personnes âgées par exemple si quelqu’un a besoin de courses. Et maman elle peut faire à manger, donner à ses voisins. Faire un repas au moins une fois par mois, se rencontrer dehors, parler aux voisins, c’est convivial. » Fatima Tarbouch.

Et au-delà de l’entraide espérée, des partenariats pourraient se mettre en place petit à petit pour répondre aux besoins des locataires, imagine Séverine Genneret, qui évoque pourquoi pas des services de blanchisserie ou de livraison de repas. Encore plein de choses à imaginer, à construire, dans cette résidence, en quelques sortes, test.

Périgord Habitat espère développer d’autres résidences de ce type, avec peut-être une autre forme de mixité, entre seniors et familles par exemple. « Nous sommes à l’écoute des collectivités », assure la directrice de l’office public. A noter tout de même qu’il aura fallu 3 ans et 3 millions d’euros pour développer ce premier projet intergénérationnel.